Les renards d'eau. Des câpres, idiot !

Publié le par les morels


algré les quolibets encourus pour une telle hérésie, je m'étais rendu incognito au Grand-Rex (cela se passait dans une vie antérieure où nous habitions ma riche famille et moi, à Paris) C'était pour la sortie du film « TITANIC ».


Plouf-plouf, comme disait Desproges. Rien à voir, me direz-vous avec le parapente. Et vous avez très probablement raison, mais cessons de digresser, et revenons à nos brebis lacaune(1).


Pétri de froid (la maison-le magasin de parapente en vélo par -1° ; le chauffage dans le combi du moniteur qui commence à chauffer une fois arrivé...), je sors du minibus sous le ciel bleu, un très léger vent nord-est me caresse le visage : je suis bien. Ca sent bon. C'est beau. Je suis un tout petit peu angoissé... Il est huit heures et demie du matin, nous sommes le 23 octobre 2007.


Nous sortons, Thierry ,mon compagnon du jour, et moi-même, nos sacs à dos du coffre. Ils sont énormes mais ne pèsent qu'une petite dizaine de kilos chacuns. Fred, notre moniteur, nous devance sur la pente herbeuse, juste devant le camion.

Quelques mètres plus loin ,le paysage s'ouvre à moi :

si vous cliquez dessus, vous aurez accès à la version non-réduite du panorama. Dans le petit carré rouge, O joie, vous apercevrez notre maison.


Dix ou quinze minutes plus tard, les ailes sont dépliées, bords d'attaque dardant fièrement vers le ciel, presque luisants de rosée, prêts à engorger goûlument l'air propice à l'érection finale (2). Nous nous arnachons dans les sellettes, sortes de sacs à dos qui descendent sous les fesses et auxquelles sont fixées les ailes.

Petite séquence gonflage...

Très important le gonflage, surtout pour des débutants comme nous : une fois l'aile placée au dessus de soi d'un mouvement du corps vers l'avant, il faut bien rester dessous pour prendre sa course d'élan. Si ça décale un peu, et qu'on ne corrige pas, on peut avoir un buisson. Pardon, un problème.

Enfin, bref, sans rentrer dans les explications techniques, important donc, le gonflage. (Très, même).


Deux ou trois exercices plus tard... on se prépare au grand plouf : vol de matin, conditions calmes, pas de mouvements d'air dus à la chaleur : ça va être du velours. (enfin, bon, j'espère, c'est mon quatrième vol seulement, j'avoue que je flippe en core un chouia)


Impulsion. L'aile monte et arrive au dessus de ma tête : je lache les élévateurs avant, freine un peu, porte tout mon poids sur la ventrale, tends les bras le plus possible en arrière (« Fais les ailes de poulet ! » hurle mon moniteur) et cours. De grands pas, de plus en plus vite. Je sens la résistence de l'aile contre mon ventre. C'est bon... A chaque pas, je sens que mon appui sur le sol se fait de plus en plus léger. Surtout, ne pas arrêter de courir, même si l'on a envie de décoller tout de suite. Il faut prendre de la vitesse.


La pente s'incline encore plus. Ma trajectoire est bien rectiligne... Je cours... Droit devant... (y'a un trou énooorme droit devant d'ailleurs. C'est pas naturel ce truc.)

Le voilà. Le dernier pas sur l'herbe...


Une caresse...


Ca y est.





Je vole...

 

 

 


 


 


I AM THE KING OF THE WORLD

Merci Leonardo : Crier,parfois, c'est juste pour le cri.

 


 


 




Merci Catherine aussi, de me laisser voler, accroché à un bout de toile enduite par une trentaine de ficelles à gigot...


 


(1) La brebis lacaune est la seule brebis autorisée à fournir son lait pour la confection du roquefort.
(2) Heu, non, rien.

Publié dans Parapente

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article